Eh bien qu’il les récupère.
Depuis des années, la Suisse embauche massivement des frontaliers. Résultat : des dizaines de milliers d’emplois qui pourraient aussi bénéficier aux résidents locaux partent chaque jour de l’autre côté de la frontière, tandis que les salaires suisses alimentent l’économie française.
Villas, commerces, restaurants, immobilier, consommation : une part importante de la prospérité de la France voisine repose sur l’argent gagné en Suisse.
Alors quand un ministre français vient expliquer à la Suisse ce qu’elle devrait faire, il faudrait peut-être lui rappeler une évidence : si les entreprises suisses arrêtaient demain d’engager des frontaliers, le choc économique serait bien plus violent en France voisine qu’à Genève.
La vraie question n’est donc pas de savoir si la Suisse a besoin des frontaliers.
La vraie question est : pourquoi continue-t-on à remplacer des travailleurs locaux par une main-d’œuvre venue de l’extérieur, alors que des résidents cherchent encore du travail ?
Les Genevois paient leurs loyers, leurs assurances, leurs impôts et vivent ici toute l’année. Défendre l’emploi local n’a rien d’extrémiste. C’est simplement défendre ceux qui font vivre leur canton.
Et si la France tient tellement à ses travailleurs, rien ne l’empêche de leur offrir chez elle les emplois et les salaires qui les empêcheraient de traverser la frontière chaque matin.