L’État de Genève annonce vouloir débloquer 6 millions de francs pour aider les commerces en cas de dégâts liés au G7.
Très bien. Mais une question simple se pose : qui va recevoir cette aide ?
Quels magasins ? Quels quartiers ? Quelles conditions ? Quels délais ? Et surtout : est-ce que cette aide servira à réparer après, ou à protéger avant ?
Car le message envoyé est dangereux.
En annonçant publiquement une enveloppe pour rembourser les dégâts, Genève risque de donner un signal catastrophique aux casseurs et aux voyous du coin :
“Le supermarché genevois est ouvert. On peut casser, voler, piller… de toute façon, les commerçants seront remboursés.”
C’est exactement ce qu’il ne faut pas laisser croire.
Les commerçants ne veulent pas devenir des victimes indemnisées. Ils veulent pouvoir travailler normalement, sans devoir transformer leur vitrine en bunker. Ils paient déjà des loyers, des charges, des salaires, des assurances et des impôts. Ils n’ont pas à payer en plus les conséquences d’un sommet organisé à Évian.
La vraie priorité ne devrait pas être de préparer les chèques après la casse.
La vraie priorité devrait être d’empêcher la casse.
Si Genève trouve 6 millions pour réparer, alors Genève doit aussi trouver les moyens de protéger : vitrines, accès, rues commerçantes, zones sensibles, présence policière et mesures préventives claires.
Sinon, cette annonce ressemble moins à une aide aux commerçants qu’à une invitation involontaire lancée aux casseurs.
Genève ne doit pas devenir un supermarché à ciel ouvert pour ceux qui viennent casser, voler et repartir tranquillement.
Aider les commerçants, oui.
Envoyer un signal de faiblesse, non.