Chaque jour, des dizaines de milliers de frontaliers viennent travailler en Suisse.
Ils utilisent nos routes, nos infrastructures, nos parkings, nos services, nos espaces publics.

La majorité respecte les règles.
Mais une minorité pose un vrai problème : incivilités, infractions répétées, agressivité sur la route, stationnement sauvage, non-respect des règles, comportements méprisants envers le pays qui leur donne du travail.

Alors une question mérite d’être posée :

le permis G devrait-il devenir un permis à points ?

Aujourd’hui, le permis G donne le droit de travailler en Suisse tout en vivant à l’étranger. Mais ce droit ne devrait pas être automatique et intouchable.

Quand une personne vient travailler en Suisse tous les jours, elle ne vient pas seulement chercher un salaire.
Elle entre dans un pays, utilise ses infrastructures, profite de son marché du travail et doit respecter ses règles.

Il serait donc logique d’imaginer un système simple :

un permis G à points.

Chaque comportement grave ou répété pourrait faire perdre des points :

  • infractions routières sérieuses en Suisse ;
  • incivilités répétées ;
  • non-respect des règles administratives ;
  • comportements professionnels problématiques signalés officiellement ;
  • abus du système ;
  • condamnations ou délits commis en Suisse.

À partir d’un certain seuil, le permis G pourrait être :

  • soumis à avertissement ;
  • renouvelé pour une durée plus courte ;
  • suspendu temporairement ;
  • ou, dans les cas graves, non renouvelé.

Ce ne serait pas une mesure contre les frontaliers.
Ce serait une mesure pour responsabiliser ceux qui viennent travailler ici.

Car un permis G ne devrait pas être vu comme un droit acquis à vie.
C’est une autorisation.
Et une autorisation doit pouvoir être conditionnée au respect du pays qui la délivre.

La Suisse a le droit de dire :

vous pouvez venir travailler ici, mais vous devez respecter ici.

C’est valable pour la route.
C’est valable pour les règles.
C’est valable pour le comportement général.

Un résident suisse qui commet des infractions subit des conséquences.
Pourquoi un frontalier qui multiplie les problèmes ne verrait-il pas son autorisation de travail remise en question ?

Si l’Union européenne veut que la Suisse assume davantage les coûts liés aux frontaliers, alors la Suisse doit aussi pouvoir renforcer ses conditions.

Le permis G à points serait un signal clair :

le salaire suisse vient avec le respect suisse.

Ceux qui travaillent correctement n’auraient rien à craindre.
Mais ceux qui considèrent la Suisse comme un simple distributeur de salaires devraient comprendre que l’accès au marché suisse se mérite aussi par le comportement.

Un permis G à points permettrait de rappeler une chose essentielle :

travailler en Suisse n’est pas seulement une opportunité.
C’est aussi une responsabilité.