Un article récent de La Tribune avance un chiffre qui a fait réagir :

👉 les frontaliers auraient dépensé en moyenne 6’730 francs en Suisse en 2024.

Présenté ainsi, le chiffre peut sembler important. Mais pris seul, il ne dit pas grand-chose. Pour comprendre réellement l’impact économique, il faut le mettre en perspective avec la consommation des résidents locaux.

6’730 francs par an : un chiffre à relativiser

6’730 francs par an, cela représente environ 560 francs par mois.

Ces dépenses concernent essentiellement :

  • l’alimentation de dépannage,
  • le carburant,
  • parfois la restauration de midi,
  • quelques achats ponctuels.

Autrement dit, une consommation partielle, ciblée, et non enracinée dans l’économie locale.

Et le résident local, lui, dépense quoi ?

Le résident suisse, lui, dépense 100 % de son revenu en Suisse.

  • Loyer ou hypothèque
  • Assurances
  • Impôts
  • Alimentation
  • Santé
  • Loisirs
  • Services locaux
  • Commerces de proximité

Chaque mois, l’intégralité de sa paie circule dans l’économie suisse.

Sur une année, cela représente 12 mois de dépenses locales, là où le frontalier ne consomme qu’une fraction limitée de son revenu en Suisse.

👉 En clair :

le résident local dépense environ 12 fois plus sur le territoire suisse que ce que dépense le frontalier moyen mentionné dans l’article.

Pourquoi cette différence est fondamentale

La différence n’est pas morale, elle est structurelle :

  • Le frontalier travaille en Suisse, mais vit et consomme ailleurs
  • Le résident travaille, vit et consomme en Suisse

Cela signifie que :

  • les commerces locaux,
  • les artisans,
  • les services,
  • les communes,

👉 dépendent avant tout de la consommation des résidents, pas de celle des frontaliers.

Attention aux raccourcis médiatiques

Mettre en avant uniquement le chiffre de 6’730 francs peut donner l’impression que les frontaliers seraient un pilier de la consommation locale.

Ce n’est tout simplement pas exact.

Oui, ils consomment en Suisse.

Mais non, ils ne compensent pas la consommation d’un résident qui injecte l’intégralité de son revenu dans l’économie locale, mois après mois, année après année.

Conclusion : remettre le local au centre

Ce débat ne vise pas à opposer les personnes, mais à rétablir une réalité économique :

  • La stabilité économique locale repose d’abord sur ceux qui vivent ici
  • La consommation locale durable vient des résidents
  • Les chiffres doivent être expliqués, pas simplement annoncés

👉 Défendre l’économie locale, c’est aussi reconnaître le rôle central de celles et ceux qui y dépensent toute leur vie.