Deux employés.

Même entreprise.

Même salaire.

Mais pas la même facture d’assurance maladie.

En Suisse, un résident affilié à la LAMal peut payer :

  • 400 à 550 CHF par mois (adulte, franchise standard)

  • Soit 4 800 à 6 600 CHF par an

Un frontalier, lui, dispose d’un droit d’option :

  • Soit il choisit une LAMal “frontalier”

  • Soit il reste affilié au système de son pays (ex : France via la Sécurité sociale)

Résultat ?

Dans de nombreux cas, il paie nettement moins.

📊 Exemple concret (approximation moyenne)

🔹 Résident genevois

  • Prime mensuelle : 450 CHF

  • Total annuel : 5 400 CHF

🔹 Frontalier affilié en France

  • Cotisation calculée sur revenu, souvent inférieure

  • Coût annuel fréquemment plus bas

  • Accès possible aux soins suisses

Différence potentielle :

👉 plusieurs milliers de francs par an.

⚖️ Même système hospitalier, contribution différente

Un frontalier peut :

  • Se faire soigner à Genève

  • Utiliser les mêmes hôpitaux

  • Consulter les mêmes médecins

Mais la charge financière n’est pas identique.

Le résident suisse :

  • N’a aucun droit d’option

  • Subit les hausses annuelles

  • Supporte l’intégralité du modèle solidaire

Le frontalier :

  • Peut arbitrer

  • Peut optimiser

  • Peut réduire sa facture

🔥 Un déséquilibre qui interroge

Le système de santé suisse repose sur la solidarité.

Mais quand :

  • L’accès est identique

  • L’usage est comparable

  • La contribution diffère fortement

Le débat devient inévitable.

Plus le nombre de frontaliers augmente, plus la question se pose :

Le financement est-il équitablement réparti ?

🧩 Un système dépassé par la réalité transfrontalière ?

Le modèle actuel a été conçu à une époque où :

  • La mobilité internationale était marginale

  • Les bassins de vie étaient nationaux

Aujourd’hui :

  • Des dizaines de milliers de frontaliers travaillent à Genève

  • Utilisent les infrastructures

  • Mais ne contribuent pas toujours au même niveau que les résidents

Le cadre légal n’est pas illégal.

Mais il crée un déséquilibre structurel.

🎯 Conclusion directe

Le frontalier ne fraude pas.

Il applique le système.

Mais le système produit une réalité simple :

Même travail.

Même accès aux soins.

Contribution différente.

À long terme, la question n’est pas morale.

Elle est budgétaire.

Et elle mérite d’être posée sans détour.