Cette fois, il n’y a même plus d’effort pour faire semblant.

« Poste exclusivement réservé aux frontaliers. »

Voilà. Noir sur blanc.
Assumé. Affiché.

On ne parle plus de dérive.
On parle d’un système qui ne se cache même plus.

Un poste administratif.
2900 francs brut par mois.

En Suisse.

Il n’y a rien à analyser.
C’est du dumping. Pur et simple.

Ce type d’annonce révèle une réalité brutale :
le marché du travail est en train de basculer d’un modèle basé sur la valeur… à un modèle basé sur le moins cher.

Peu importe les compétences.
Peu importe l’équité.
Ce qui compte, c’est combien on peut économiser.

Et pour y arriver, on crée des filtres.

Pas sur la qualité.
Sur l’origine.

Ce n’est pas seulement injuste.
C’est dangereux.

Parce que ce système installe une logique toxique :
mettre les travailleurs en concurrence, tirer les salaires vers le bas, et normaliser l’idée que certains valent moins que d’autres.

Mais soyons clairs.

Le problème n’est pas les frontaliers.
Le problème, c’est l’utilisation qu’on en fait.

Quand un modèle économique repose sur la capacité à payer moins plutôt que payer correctement, ce n’est plus un ajustement.

C’est une stratégie.

Et cette stratégie a un prix.

Une dégradation des conditions.
Une perte de confiance.
Une fracture durable sur le marché du travail.

Aujourd’hui, le Tessin est en première ligne.

Demain, ce sera ailleurs.

La vraie question n’est plus de savoir si c’est légal.

La vraie question, c’est :
à partir de quel moment décide-t-on que c’est inacceptable ?

source = https://www.20min.ch/fr/story/tessin-des-elus-denoncent-des-postes-reserves-aux-frontaliers-103555965